Création automne 2027
Saison 2027-2028
il s’appelait mohamed
écriture et mise en scène – Sarah Mordy
avec – Lola Felouzis, Ahmed Kadri, Thomas Germaine, Slimane Majdi
dramaturgie – Leslie Menahem
assistanat à la mise en scène – Marion Morvan
création et régie lumière – Agathe Patonnier
création sonore – en cours de distribution
régie plateau & accessoires – Alice Carpentier
masque & accessoires – Chloée Sanchez
régie générale, son, vidéo – Léo Rossi-Roth
production
ABRI ANIMA
COPRODUCTION
en cours
La Comédie de Béthune – Centre dramatique national
soutiens
Région Hauts-de-France (Projets à rayonnement artistiques et culturels)
Institut Français et ville de Lille
Théâtre Nanterre-Amandiers – Centre dramatique national
Lieux Culturels Pluridisciplinaires de la ville de Lille
Maison Folie Wazemmes
Phénix – Scène nationale pôle européen création
L’Oiseau-Mouche
Théâtre de la Tempête
La Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle
Fondation Maison du Maroc
résumé
Août 1944. Le Maroc, sous le joug du Protectorat français, se débat avec une famine dévastatrice ; la politique de rationnement en « soutien » à la Métropole en guerre puis occupée par les Allemands, impose de sévères restrictions à la consommation alimentaire. Pour sauver son fils, Mohamed est contraint d’accepter l’expropriation de la terre familiale, et part travailler comme ouvrier à l’abattoir municipal de Casablanca. Dans cette ville en pleine mutation, Mohamed découvre le cinéma et fait la rencontre de Mohammed Zerktouni, un jeune militant nationaliste qui l’introduit à la résistance. Mais alors qu’il s’engage dans cette voie, une vision troublante commence à le hanter : celle d’une petite fille au visage ensanglanté.
En 2030, Lina, la petite-fille de Mohamed, poursuit son enquête généalogique pour tenter de comprendre le destin tragique de son grand-père Mohamed, enlevé́ et torturé par des militaires français. En remontant les fragments d’un passé effacé, elle découvre que certaines mémoires ne disparaissent pas : elles se transmettent, comme des ondes à travers le temps.
Second volet d’une trilogie sur la généalogie de la violence, IL S’APPELAIT MOHAMED poursuit l’exploration initiée avec POURQUOI MON PÈRE NE M’A PAS APPRIS L’ARABE ? Ce triptyque fonde la démarche artistique de la compagnie ABRI ANIMA, où l’intime devient le prisme d’un questionnement politique, historique et sensoriel.
Au cœur de cette recherche : la figure de Mohamed, grand-père de Lina, militant pour l’indépendance du Maroc, enlevé et torturé par l’armée française dans les années 50. Dans le premier volet, cet homme apparaissait comme un spectre aux traits effacés, prisonnier des cauchemars de Lina, surgissant dans ses crises de somnambulisme où elle parle une langue qu’elle ne connaît pas : le darija, l’arabe dialectal marocain.
Dans cette nouvelle création, Mohamed devient le centre du récit. La fiction traverse deux temporalités : le Maroc des années 50, où l’engagement politique de Mohamed prend corps, et le présent, où Lina poursuit une enquête généalogique à travers la France et le Maroc.
IL S’APPELAIT MOHAMED se déploie dans un espace mental instable, à la lisière du fantastique, de la reconstitution historique et de l’autofiction. Les figures se déforment, les voix se mêlent, les corps portent les stigmates du passé. Le plateau devient un territoire hanté où se rejouent les violences héritées, où se cherchent les mots, les visages, les vérités.
Plutôt qu’un récit linéaire, la pièce s’écrit au rythme des témoignages récoltés, au croisement de la mémoire collective et des non-dits familiaux. L’enquête n’est pas seulement documentaire : elle est rituelle, quasi-chamanique.
IL S’APPELAIT MOHAMED poursuit d’interroger la transmission des traumatismes, la persistance du politique dans l’intime, et les frontières poreuses entre soi et l’autre. Il s’agit d’un théâtre de la mémoire où l’on tente de réconcilier les vivants avec leurs morts.